Agglomérat fragile de copeaux de bois, liés intimement par les filaments vivants du mycélium, ce
réseau souterrain qui murmure le langage secret des forêts. Ici, la matière brute s’organise sans dessein humain,
sous l’impulsion d’une nature invisible, autonome.
Suspendu sur des tiges d’acrylique comme en lévitation, le relief se déploie en une cartographie flottante. Les
pleins et les vides, les tensions et les relâchements dessinent une topographie spontanée, mouvante, où chaque
courbe semble répondre à une force organique. La trame, originellement régulière, se laisse peu à peu déformer par
la persistance du vivant.
C’est un monde en équilibre précaire, mais habité d’une force douce. Un territoire en mutation, où la nature, loin
d’être domptée, réécrit ses propres règles à travers la matière.
Ici, tout est retenu. Fermée, presque hermétique, la chapelle devient une boîte de tension.
La matière textile y est prisonnière, étirée, comprimée, maintenue entre murs et silences. C’est un espace clos où
la forme ne s’étend plus, mais se replie sur elle-même. Un paysage intérieur, tendu à l’extrême, à la limite de la rupture.
Date
Automne 2023
Collaborateurs
Alexis Bernier et Daphnée Michaud
Réalistation
ARC-2041 - Conceptualisation et interprétation spatiale architectonique, supervisé par Philippe Champagne, Pascal Labelle & Ariane Ouellet-Pelletier. École d'architecture de l'Université Laval.
© 2023 Charles-Antoine Lauzon.
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